Saturday, 13 December 2014

PMT- Post Mayotte Trauma de Walter Ruhlmann

Poste Mayotte Trauma par Walter Ruhlmann

Dans les pages qui vont suivre, vous découvrirez donc les divers moments de ce séjour à l’autre bout du monde, émaillés de nombreux noms de lieux et entrecoupés d’une escapade à l’île de la Réunion, de quoi suivre à la trace l’auteur en ses pérégrinations.
Cependant, si vous recherchez des cartes postales pour égayer votre bureau, vous serez sans doute un peu déçus, malgré la présence de quelques illustrations dans le recueil. En effet, Mayotte sert de prétexte à l’introspection et ne laisse pas que des bons souvenirs. Ainsi, vous ne pourrez pas oublier les réalités de ce pays éruptif, et pas seulement au sens propre du terme, puisque hélas, la pauvreté de ses habitants, générant l’instabilité sociale, marque le quotidien des expatriés.
Alors, est-ce que « Post Mayotte Trauma » vous découragera d’aller là-bas ? Je ne le crois pas. Prenez plutôt cette série de textes comme une invitation à ouvrir davantage votre esprit à d’autres ambiances. Prenez la aussi comme la relation d’une tranche de vie bien découpée, dont les instantanés, ses instants de partage et de plaisir, comme d’angoisse et d’abattement, sont décrits avec naturel par Walter Ruhlmann, à travers un style clair, presque aérien, à l’image du mode de transport usité pour rejoindre Mayotte depuis la France.
Il s’agit là en définitive, pour l’auteur, de rendre compte, de la façon la plus exacte possible, de ses impressions, à l’instant où elles naissent. C’est bien là l’une des « missions » les plus cruciales de la poésie, au moins depuis Rimbaud, et qui contribue au plaisir du lecteur.


Patrice Maltaverne

Post Mayotte Trauma
Par Walter Ruhlmann
Couverture souple, 66 Pages        
Prix : 5,00€

Des extraits en lignes dans les publications suivantes

Ecrits-vains -- Le capital des mots -- Levure littéraire -- Vents Alizés

Sunday, 30 November 2014

Call for submissions: Irish Literature Anthology

mgv2>publishing is calling for submissions of poetry, fiction, non-fiction, and artwork for a very special anthology collecting as many Irish artists and writers as possible.

Edited by Peter O'Neill, this anthology is due out on March 16, 2015.

All submissions must be sent as an attachment to mgv2publishing [at] gmail [dot] com

From this day to December 31 for the anthology to be published through lulu.com and amazon.com both in paperback and Kindle.

One or two fiction/non-fiction, three work of art, poems or flash fiction.

One of the artist's work will be chosen as a cover art.

Tough we won't check your identity, you must be from Irish descent living in a foreign country and/or living in Ireland -- including Ulster of course.

No monetary payment but each contributor will receive a digital version of the anthology with the possibility to order a print anthology at editor's price.

Queries to be addressed to Walter Ruhlmann editor of the journal mgversion2>datura, the literary blog Beakful, and publisher at mgv2>publishing.

Peter O' Neill was born in Cork in 1967 and moved to France where he spent the majority of the nineties. His debut collection Antiope (Stonesthrow Poetry, 2013) was published to critical acclaim: "certainly a voice to be reckoned with." Wrote Dr Brigitte Le Juez (DCU). His second collection The Elm Tree (Lapwing, 2014) was also well received: " A thing of wonder to behold." Ross Breslin (The Scum Gentry). A third collection, The Dark Pool, is due out early next year (mgv2>publishing). He is currently working on his eight collection, and is busy translating Les Fleurs Du Mal by Baudelaire.

Walter Ruhlmann works as an English teacher, edits mgversion2>datura and runs mgv2>publishing. His latest collections are Maore published by Lapwing Publications, UK, 2013,  Carmine Carnival published by Lazarus Media, USA, 2013, The Loss through Flutter Press, USA, 2014, and Twelve Times Thirteen through Kind of a Hurricane Press. Coming up in December 2014, Crossing Puddles through Robocup Press.
His blog http://thenightorchid.blogspot.fr/




Sunday, 2 November 2014

Les livres disponibles chez mgv2publishing


En 2014, les éditions mgv2>publishing ont donné la part belle aux auteurs francophones et continueront de le faire dans les années à venir. Deux recueils ont été publiés cette année, un autre est à paraître en décembre. Sans oublier le lancement de la deuxième série de X & Friends, traduite pour l'occasion en X & compagnie. Lancée en 2012 avec des auteurs anglophones, cette série se poursuit depuis septembre avec des auteurs francophones invités, chacun ayant pour mission de réunir autour de lui quelques comparses pour lesquels il choisit un texte. Prose ou poésie, ces recueils tiennent de l'espace collaboratif qui m'est cher.

Près de dix-neuf ans seul à la barre de la revue mgversion2>datura, il arrive que je me sente un peu seul, alors je délègue tant que je trouve des personnes fiables.

Voici donc quelques-uns des titres parus aux éditions mgv2>publishing cette année, sans oublier tous les autres titres des années précédentes en anglais. Tous les titres publiés sont disponibles via le site Lulu et bientôt sur Amazon (Createspace et Kindle).

La bascule des chevaux
De Cédric Bernard


Couverture souple, 30 Pages

Aperçu
Prix : 8,02 €

Quatrième de couverture, extrait de la préface, signée Patrice Maltaverne:
Il y a de l’angoisse, beaucoup d’angoisse à ne pouvoir rien faire pour la personne que l’on aime et qui reste aux prises avec ses démons.
Et derrière ce mur infranchissable, le pire est qu’elle sait tenir tête à la respectabilité qui nous étouffe!

Blog de Cédric Bernard
http://lesmotsdesmarees.blogspot.fr


*****

Il y a bien longtemps qu'un auteur francophone n'avait proposé son texte pour une publication par mgv2>publishing. Méconnaissance des auteurs français de cette toute petite presse? Oubli des origines qui ne se trouvaient pas dans le monde anglophone? Peur du monde digital qui l'enveloppe?  Désintérêt? Je ne sais pas.

Ce dont je suis certain en tout cas, c'est que je ne suis pas peu fier de renouer avec l'édition d'un texte en français quand celui-ci est signé Cédric Bernard. Souvent publié dans la revue mgversion2>datura, c'est un habitué qui soutient à sa façon et comme il peut les efforts entrepris pour promouvoir la littérature contemporaine hors des sentiers battus.

Je suis tombé amoureux de ce texte et l'ai programmé très vite lorsque Cédric me l'a envoyé. N'oubliez pas que le traumatisme était déjà notre credo en 1996 et que, près de 18 ans plus tard, c'est toujours ce qui nous fait tenir debout -- la revue, les éditions et moi.

Ce livre est sans doute plus un réel départ qu'un aboutissement. Pour l'auteur bien sûr qui a pourtant déjà à son actif l'autoédition de deux livrets C'est le matin que l'on grandit (2013)  et Le cas Leleu (2014) et plusieurs publications en revues: FPDV, Vents alizés, Des tas de mots, et Traction Brabant bien entendu, puisque c'est Patrice Maltaverne, l'éditeur de cette dernière, qui signe l'introduction de ce recueil de textes courts, textes de prose poétique, dans lesquels l'absence de l'autre, pourtant omniprésent, ronge et met à mal celui qui, main tendue, ne peut que constater et décrire la déchéance. Une lueur luit peut-être au bout du tunnel. L'espoir fait vivre dit-on, mais le retour n'est jamais de tout repos.

Extrait

j'ai eu des nouvelles de ton répondeur là pour le moment car tu n'étais pas là à l'effort à l'affront au front comme un moineau dans l'hiver qui gonfle ses plumes comme un morné qui gonfle son orgueil dans son simili-cuir ce même mouvement à rentrer dans ses plumes à rentrer dans les plumes à s'imperméabiliser trucher un peu sa minceur sa pauvreté vaincre d'effets l'effort l'affront le front allongé debout dans le carrosse aux roues en culs de bouteille roulant droit vers le fond qui amène te ramène quand tu roules sur le bord de la route tes chevaux écroulés sur le trottoir tes chevaux à brouter trottoir et toi poussière de rentrer dans les auberges sans passer le relais tu radotes je répète tu répètes je radote un peu être quitte sans se quitter creuser l'écart tellement raser l’écartèlement garder le rythme jusqu'à tourner rond tourner en rond jusque dans le mot exode arrondie épisode périodique saignement masculin interne continue continue on continue ce soir ami amibe ma tournée je relève les nouvelles en me demandant ce qu'il y aura dans les mâchoires ce qu'il y aura dans le piège

La peau
Par Alexandra Bouge


Sur Amazon Create Space et Kindle

Couverture souple, 70 Pages

Prix : 6,00€

Préface – Walter Ruhlmann

En ce dimanche après-midi, je l'imagine parcourant les rues de la ville : Belleville, Montreuil ou peut-être Paris elle-même. A la découverte de quelque street-art dont elle est si friande et qu'elle photographie pour remettre à sa place la beauté cruelle du paysage urbain, pour les immortaliser aussi, avant qu'ils ne soient repassés à la peinture, au Kärcher ou à la bombe d'un autre graffeur moins sensible ou moins attentif.

Le mobilier urbain récemment repensé pour éviter aux clochards d'embouteiller les halls ou les entrées d'immeubles, les quais du métro, les jardins publics, sert aussi de source d'inspiration à Alexandra comme le montrent, elles aussi, certaines de ces photos, ou les mots qu'elle met en forme page après page pour en décrire l'horreur absolue, autant que les noires espérances de ceux qui peuplent les recoins de la cité.

Dans cette œuvre atypique, comme dans tout ce qu'elle écrit ou tout ce qu'elle créé, Alexandra Bouge, une auteure prolifique, socialement impliquée, d'autres diraient indignée, elle-même à la merci d'une société toujours plus exigeante, pour ne pas dire maltraitante, avec ceux pour qui l'art, l'humain, l'être ont toujours eu plus d'importance que ce que nos contemporains mettent en avant. Il y a de la cruauté, des mots crus, des images fortes, des échanges dérangeants, des situations désespérées, il y a beaucoup d'ombre et peu de lumière, peu d'espoir en d'autres termes, mais toujours celui de voir Alve, le personnage féminin principal de La peau, atteindre le but qu'elle s'est fixée. Vivre bien, plutôt que survivre face à de nombreux dangers insidieux.

Je parlais d'une œuvre atypique car il faut bien reconnaître que le mélange de deux langues : le texte est incrusté de mots ou expressions roumains pour lesquels Alexandra Bouge donne une traduction et une adaptation phonétique. Ces aspérités sont là pour nous rappeler que de la part d'une personne perdue au milieu d'un territoire étranger, hostile à sa présence, à son existence même, il est parfois des lacunes lexicales, culturelles qui ne sauraient être comblées par autre chose que des mots issus de la langue maternelle, un sein vers lequel la bouche se tend pour y retrouver le réconfort souhaité, les repères d'un héritage, certes lourd à porter, mais essentiel à la personne. Alexandra a d'ailleurs dédié ce livre à Flora Michèle Marin, artiste, biologiste de métier, dont les œuvres sont encore publiées aujourd'hui.

Lors de sa première publication au format numérique en 2010, ce texte n'était pas complet ; Alexandra y a ajouté d'autres textes inédits qui viennent compléter ce tableau d'une société moderne déshumanisée, incapable d'accepter l'autre tel qu'il est. Alexandra Bouge a le don du traumatisme. Nul n'a encore su mettre en scène ici dans un décor de visages spectraux et inquiétants, comme des impressions de Rorschach des personnages que l'on pourrait définir comme fracassés de la vie, simplement en quête d'un meilleur qui n'existe que dans l'imaginaire. Brutal, cru, le récit d'Alve vous mène le long de chemins tortueux qu'il est nécessaire d’emprunter pour voir le monde au grand jour.

Walter Ruhlmann – 15/06/2014


PMT -- Post Mayotte Trauma
De Walter Ruhlmann

A paraître en décembre 2014

Préface de Patrice Maltaverne

Walter Ruhlmann, activiste de la poésie francophone et anglophone, a beaucoup bougé ces quinze dernières années.
En effet, depuis que j’ai commencé de collaborer au webzine de Walter, intitulé « mgversion2>datura », je me souviens de ses lieux de vie successifs, notamment dans la région du Mans, puis en cette année 2010, à Mayotte, destination à l’évidence plus exotique que les précédentes.
A ce moment là, je me suis dit : il est parti là-bas, mais en reviendra-t-il ? Ce changement de vie promettait d’être total et devait correspondre à un besoin de renouvellement profond. Je peinais d’ailleurs à imaginer les différences avec l’existence d’ici.
En tout cas, à la fin 2011 et comme pour mettre fin à ce genre d’interrogations, Walter a de nouveau posé ses valises en Métropole, rapportant à l’intérieur un recueil de poèmes en forme de bilan : il s’agit de « Post Mayotte Trauma », qui constitue une référence pleine de dérision, révélée par l’auteur, à l’expression « Palmes-Masque-Tuba », alliée des sportifs de la plongée.
Dans les pages qui vont suivre, vous découvrirez donc les divers moments de ce séjour à l’autre bout du monde, émaillés de nombreux noms de lieux et entrecoupés d’une escapade à l’île de la Réunion, de quoi suivre à la trace l’auteur en ses pérégrinations.
Cependant, si vous recherchez des cartes postales pour égayer votre bureau, vous serez sans doute un peu déçus, malgré la présence de quelques illustrations dans le recueil. En effet, Mayotte sert de prétexte à l’introspection et ne laisse pas que des bons souvenirs. Ainsi, vous ne pourrez pas oublier les réalités de ce pays éruptif, et pas seulement au sens propre du terme, puisque hélas, la pauvreté de ses habitants, générant l’instabilité sociale, marque le quotidien des expatriés.
Alors, est-ce que « Post Mayotte Trauma » vous découragera d’aller là-bas ? Je ne le crois pas. Prenez plutôt cette série de textes comme une invitation à ouvrir davantage votre esprit à d’autres ambiances. Prenez la aussi comme la relation d’une tranche de vie bien découpée, dont les instantanés, ses instants de partage et de plaisir, comme d’angoisse et d’abattement, sont décrits avec naturel par Walter Ruhlmann, à travers un style clair, presque aérien, à l’image du mode de transport usité pour rejoindre Mayotte depuis la France.
Il s’agit là en définitive, pour l’auteur, de rendre compte, de la façon la plus exacte possible, de ses impressions, à l’instant où elles naissent. C’est bien là l’une des « missions » les plus cruciales de la poésie, au moins depuis Rimbaud, et qui contribue au plaisir du lecteur.

Patrice Maltaverne

Extraits dans le revue Ecrits-Vains


Stéphane Bernard & compagnie
Ouvrage collectif:  Stéphane Bernard, Murièle Modély, Julien Boutonnier, Jean-Marc Undriener, Fabrice Farre

Sur Amazon Create Space et Kindle

Prix : 5,00€

Voici deux ans que le premier recueil de X & Friends avec comme invitée Amber Decker est paru. Jusque-là, seuls des auteurs de langue anglaise avaient été invités. J'ai décidé d'ouvrir cette série aux francophones et c'est avec grand plaisir que j'ai travaillé avec Stéphane Bernard sur ce premier recueil d'une série qui en comptera dix et nous mènera jusqu'en avril 2016. Avec ses invités, Stéphane Bernard nous mène en poésie dans les vagabondages parfois désespérés, toujours profonds, suivons-les sans plus attendre.

Extrait

Ferdinandea
de Stéphane Bernard

il y a cette île, Ferdinandea, en mer de Sicile,
et qui n'existe qu'en de courtes périodes.
elle est la tête hors de l'eau d'Empédocle le volcan à son réveil.

sa colère le portant, Empédocle hissé se fait île.

plus tard, quand le cratère s'apaise, la mer s'insinue,
fait des bouches éruptives calmées des lacs où l'eau par chimie rougeoie.

l'île demeure encore un temps île, puis plonge à nouveau.
le feu alors rendormi rêve moins de dix mètres sous les vagues.




Thierry Roquet & compagnie
Ouvrage collectif: Thierry Roquet, Heptanes Fraxion, Frédérick Houdaer, Eric Dejaeger, Jean-Marc Flahaut, Jérôme Leroy, illustration de couverture Cathy Garcia

Sur Amazon Create Space et Kindle

Prix : 5,00€

Dans ce deuxième recueil de la série X & compagnie, Thierry Roquet et ses amis nous invitent à mettre le doigt déganté sur la face du quotidien, le plus moite mais le plus profond aussi. La résignation est un suicide quotidien comme le montre Cathy Garcia sur la couverture dont elle est l'auteure. Cathy Garcia seule présence féminine dans cette tribu couillue: non pas « Mieux qu'une bande de mecs », mais juste une bande de mecs, dont la testostérone rend ce groupement de textes cohérent, touchant, bouleversant.

Extrait

L'invisible ennemi des premières lueurs
de Thierry Roquet

noir sans sucre et bien corsé
c'est comme ça que je le bois le café
accompagné d'une clope chaque fois
je suis
assis sur la cuvette des chiottes
qui fuit goutte à goutte
la tuyauterie est noircie pourrie vieille de
soixante ans j'en sais trop rien
un jour ça va nous péter à la gueule et on l'aura bien
cherché

j'ai ouvert la fenêtre
au vent frais au crachin
au lent réveil d'un jour qui sera peut-être différent
de la veille de l'avant-veille
il est quatre heures quarante-sept du matin qu'est-ce que je
fous là bon dieu ?
à peine remis d'un léger
sommeil trop haché
j'ai pas le courage d'en chercher les raisons profondes

hier soir jusque tard je lisais les aventures de Max Zajack
mon alter ego c’est tout comme
en quête d'un boulot de n'importe quel boulot
alimentaire en quête d'argent
et j'entendais un bruit sourd régulier qui faisait résonner les murs
de la chambre
un moment j'ai eu la sensation que c'était mon cœur en train
de battre trop fort
en train de me lâcher
ou que c'était ton rêve qui débordait par ta bouche ouverte et puis non
j'ai vu une camionnette de dépannage garée avec ses warnings
un ouvrier taper avec ses outils sur une porte défoncée

quand l'anecdotique tient lieu de souvenir
il est sans doute temps de songer à s'enfoncer dans la réalité
de ne plus la fuir à ce point
de percer à jour le secret d'une vie qui se traîne
avec les mêmes chaussettes
le même slip les mêmes reflets jaunâtres

déjà en face les premières lumières s'allument
les premières bagnoles brisent le silence
 ça a un petit quelque chose de rassérénant
d'assister immobile à la naissance du jour
c'est comme une petite victoire sur un invisible ennemi




Saturday, 1 November 2014

Thierry Roquet & compagnie

Illustration de couverture de Cathy Garcia
Thierry Roquet & Compagnie

Prix : 5,00€

Dans ce deuxième recueil de la série X & compagnie, Thierry Roquet et ses amis nous invitent à mettre le doigt déganté sur la face du quotidien, le plus moite mais le plus profond aussi. La résignation est un suicide quotidien comme le montre Cathy Garcia sur la couverture dont elle est l'auteure. Cathy Garcia seule présence féminine dans cette tribu couillue : non pas « Mieux qu'une bande de mecs », mais juste une bande de mecs, dont la testostérone rend ce groupement de textes cohérent, touchant, bouleversant.

En commande chez Lulu et bientôt sur Amazon et Kindle.

Extrait

L'invisible ennemi des premières lueurs
de Thierry Roquet

noir sans sucre et bien corsé
c'est comme ça que je le bois le café
accompagné d'une clope chaque fois
je suis
assis sur la cuvette des chiottes
qui fuit goutte à goutte
la tuyauterie est noircie pourrie vieille de
soixante ans j'en sais trop rien
un jour ça va nous péter à la gueule et on l'aura bien
cherché

j'ai ouvert la fenêtre
au vent frais au crachin
au lent réveil d'un jour qui sera peut-être différent
de la veille de l'avant-veille
il est quatre heures quarante-sept du matin qu'est-ce que je
fous là bon dieu ?
à peine remis d'un léger
sommeil trop haché
j'ai pas le courage d'en chercher les raisons profondes

hier soir jusque tard je lisais les aventures de Max Zajack
mon alter ego c’est tout comme
en quête d'un boulot de n'importe quel boulot
alimentaire en quête d'argent
et j'entendais un bruit sourd régulier qui faisait résonner les
murs
de la chambre
un moment j'ai eu la sensation que c'était mon cœur en train
de battre trop fort
en train de me lâcher
ou que c'était ton rêve qui débordait par ta bouche ouverte
et puis non
j'ai vu une camionnette de dépannage garée avec ses
warnings
un ouvrier taper avec ses outils sur une porte défoncée

quand l'anecdotique tient lieu de souvenir
il est sans doute temps de songer à s'enfoncer dans la réalité
de ne plus la fuir à ce point
de percer à jour le secret d'une vie qui se traîne
avec les mêmes chaussettes
le même slip les mêmes reflets jaunâtres

déjà en face les premières lumières s'allument
les premières bagnoles brisent le silence
 ça a un petit quelque chose de rassérénant
d'assister immobile à la naissance
du jour
c'est comme une petite victoire sur un invisible ennemi

Saturday, 11 October 2014

La peau par Alexandra Bouge

La peau
Par Alexandra Bouge

Couverture souple, 70 Pages

Prix : 6,00€

Sur lulu.com et en Kindle, bientôt en impression à la demande sur Amazon

Préface – Walter Ruhlmann

En ce dimanche après-midi, je l'imagine parcourant les rues de la ville : Belleville, Montreuil ou peut-être Paris elle-même. A la découverte de quelque street-art dont elle est si friande et qu'elle photographie pour remettre à sa place la beauté cruelle du paysage urbain, pour les immortaliser aussi, avant qu'ils ne soient repassés à la peinture, au Kärcher ou à la bombe d'un autre graffeur moins sensible ou moins attentif.

Le mobilier urbain récemment repensé pour éviter aux clochards d'embouteiller les halls ou les entrées d'immeubles, les quais du métro, les jardins publics, sert aussi de source d'inspiration à Alexandra comme le montrent, elles aussi, certaines de ces photos, ou les mots qu'elle met en forme page après page pour en décrire l'horreur absolue, autant que les noires espérances de ceux qui peuplent les recoins de la cité.

Dans cette œuvre atypique, comme dans tout ce qu'elle écrit ou tout ce qu'elle créé, Alexandra Bouge, une auteure prolifique, socialement impliquée, d'autres diraient indignée, elle-même à la merci d'une société toujours plus exigeante, pour ne pas dire maltraitante, avec ceux pour qui l'art, l'humain, l'être ont toujours eu plus d'importance que ce que nos contemporains mettent en avant. Il y a de la cruauté, des mots crus, des images fortes, des échanges dérangeants, des situations désespérées, il y a beaucoup d'ombre et peu de lumière, peu d'espoir en d'autres termes, mais toujours celui de voir Alve, le personnage féminin principal de La peau, atteindre le but qu'elle s'est fixée. Vivre bien, plutôt que survivre face à de nombreux dangers insidieux.

Je parlais d'une œuvre atypique car il faut bien reconnaître que le mélange de deux langues : le texte est incrusté de mots ou expressions roumains pour lesquels Alexandra Bouge donne une traduction et une adaptation phonétique. Ces aspérités sont là pour nous rappeler que de la part d'une personne perdue au milieu d'un territoire étranger, hostile à sa présence, à son existence même, il est parfois des lacunes lexicales, culturelles qui ne sauraient être comblées par autre chose que des mots issus de la langue maternelle, un sein vers lequel la bouche se tend pour y retrouver le réconfort souhaité, les repères d'un héritage, certes lourd à porter, mais essentiel à la personne. Alexandra a d'ailleurs dédié ce livre à Flora Michèle Marin, artiste, biologiste de métier, dont les œuvres sont encore publiées aujourd'hui.

Lors de sa première publication au format numérique en 2010, ce texte n'était pas complet ; Alexandra y a ajouté d'autres textes inédits qui viennent compléter ce tableau d'une société moderne déshumanisée, incapable d'accepter l'autre tel qu'il est. Alexandra Bouge a le don du traumatisme. Nul n'a encore su mettre en scène ici dans un décor de visages spectraux et inquiétants, comme des impressions de Rorschach des personnages que l'on pourrait définir comme fracassés de la vie, simplement en quête d'un meilleur qui n'existe que dans l'imaginaire. Brutal, cru, le récit d'Alve vous mène le long de chemins tortueux qu'il est nécessaire d’emprunter pour voir le monde au grand jour.

Walter Ruhlmann – 15/06/2014

Monday, 15 September 2014

Stéphane Bernard & compagnie

Prix : 5,00€

Voici deux ans que le premier recueil de X & Friends avec comme invitée Amber Decker est paru. Jusque-là, seuls des auteurs de langue anglaise avaient été invités. J'ai décidé d'ouvrir cette série aux francophones et c'est avec grand plaisir que j'ai travaillé avec Stéphane Bernard sur ce premier recueil d'une série qui en comptera dix et nous mènera jusqu'en avril 2016. Avec ses invités, Stéphane Bernard nous mène en poésie dans les vagabondages parfois désespérés, toujours profonds, suivons-les sans plus attendre.

Ici

Friday, 11 July 2014

Stale Angst by Daniel N. Flanagan

Stale Angst by Daniel N. Flanagan

Edited by Walter Ruhlmann
with a foreword by Amber Decker
cover art by Kevin Dooley
© mgv2>publishing & the contributors July 2014

Price: $7.00

Buy from lulu.com

Daniel's poetry is gritty and dirty and dark, but also beautiful in the way that the angel-faced girl crying in the bathroom of that dirty bar we just slipped out of is beautiful, with tendrils of dark hair falling into her eyes and black lines of mascara snaking down her cheeks. She is the same girl who cries in every bathroom of every bar in every city whenever she hears her favorite song playing and remembers what it's like to be kissed by someone who loves her. Or, at least, someone who pretended very well and then left her all alone to pick up the pieces. I'm sure Daniel has already met her. Or someone like her.
Amber Decker. June 13, 2014

Thursday, 5 June 2014

D-Day 70th Anniversary Anthology

D-Day 70th Anniversary Anthology
Paperback, 97 Pages
Price: $5.00

Order it from lulu.com

Contents:

Cover photograph Russ Tobin in uniform, courtesy of his son Tim Tobin
Foreword by Walter Ruhlmann
Illustrations by Russ Tobin, courtesy of his son Tim Tobin

Fiction

T. Fox Dunham : Honor or Duty -- Wayne Faust: Omaha -- Gary Ives: Mutiny & Through the Storm -- Terence Kuch: Nick of Time --
Tom Sheehan: Leaving for Viviers

Poetry

Chris Fradkin: Soldier's Song -- Steve F. Klepetar: The Cat Woman of Oederan & Faces -- Matt McGee: My Favourite Redhead -- Art Nahill: Omaha Beach Revisited &Refraction -- Jenn Richter: For the Greater Good -- Alan Walowitz: The Greatest Generation


Foreword
by Walter Ruhlmann

In 2012, I started this new collection of the D-Day Anniversary Anthology. That year, many contributors offered their work to appear in this first volume. For this present volume though, I did not have as many submissions as I had back in 2012. I cannot explain this. What is noticeable though is that the contributors this time gave the best quality work I had not seen for a long time. I am not saying that the previous anthology was not provided with quality work, don't get me wrong.
All I am saying is that in these almost 100 pages of fiction and poetry, to commemorate both the 70th anniversary of the D-Day landing in Normandy, and the centenary of the start of the first world war – two unforgettable slaughters, one of which was probably not necessary compared to the other, one can feel how many human lives were spared and wasted behind these atrocities.
In this anthology, you won't have the supposedly awaited bowdlerized version of the “winners” only. Not at all. T. Fox Dunham is one of the contributors who gives a German soldier's point of view, as he wrote to me in his cover letter: “I suspect you’ll be getting a lot of work from the Allied point of view.” That was quite right.
Nonetheless, the contributors did not focus on the victory, but on the human beings and the tearing apart of people, couples, lives, and history, or stories rather.
This anthology, as most of you know, is something of utter importance to me. Not only because I was born and raised in Normandy, and have always been bathed in this past wherever I was in or around Caen. It is also because both my parents lived this second world war and that both wars have always been a matter discussed and remembered many times in my family circle.
I have to thank all the contributors who shared their work with us in the only purpose to contribute to a duty – the call of memory duty – but the contributors I'd really like to thank for this anthology is its illustrator's son.
Tim Tobin sent me his father's drawings, and allowed me to use the portrait of Russ Tobin in uniform, a photograph rendering both the humanity of the times described and narrated in these stories and poems, and the dark horizon towards which these men – these boys – whatever their nationality was, were sent. Many of them never to come back.

Walter Ruhlmann works as an English teacher, edits mgversion2>datura and runs mgv2>publishing. His latest collections are Maore published by Lapwing Publications, UK, 2013,  Carmine Carnival published by Lazarus Media, USA, 2013 and The Loss through Flutter Press, USA, 2014. Coming up in 2014 Crossing Puddles through Robocup Press, and Twelve Times Thirteen through Kind of a Hurricane Press.
His blog http://thenightorchid.blogspot.fr

Tuesday, 6 May 2014

David Beckman & Friends -- Phantasia

David Beckman & Friends - Phantasia
By David Beckman
Buy it here
Paperback, 19 Pages
David Beckman & Friends - Phantasia
Preview
Price: $6.00
Ships in 3-5 business days
"These poems have in common a tendency for imagination to segue into fantasy, the latter then driving narrative, language and form." This is how David Beckman introduces this fantastic, eerie collection, the last volume in the first series of X & Friends, started in 2012 with Amber Decker. Phantasia will lead you in dancing, the stars, and wonderful world of alchemy. Honestly, despite I am the editor and publisher, a must-read!

Wednesday, 23 April 2014

X & Cie Liste mise à jour

septembre 2014: Stéphane Bernard
novembre 2014: Thierry Roquet
février 2015: Cathy Garcia
avril 2015: Vince
juin 2015: Patrice Maltaverne
août 2015: Sébastien Ayreault
octobre 2015: Jan Bardeau
décembre 2015: Marlène Tissot
février 2016: Perrin Langda
avril 2016: Tom Samel
juin 2016: Christophe Siébert

Tuesday, 22 April 2014

X & Friends & Compagnie

Next month, the last volume of the X & Friends series, which started in October 2012 with Amber Decker, will be published. This volume is David Beckman & Friends and it will be released one month late.
There has been 9 volumes published so far and all were co-edited by English speaking poets and artists. The list can be found on the right-hand side of this blog in the appropriate category.

Now, from September 2014 on, a new series will start but in French this time.
X & Compagnie.

J'ai contacté quinze auteurs dont les poèmes ou la prose me touchent et qui méritaient tous que je m'occupe bien un peu d'eux. Ils auront donc le même chemin à parcourir que les anglophones précédemment à savoir: me proposer au minimum dix de leurs textes, choisir cinq invités, sélectionner les textes des-dits invités et m'envoyer le tout pour en faire un recueil. Chaque recueil avec l'auteur invité et ses compagnons sera publié tous les deux mois.

Cette nouvelle série commencera en septembre prochain avec Stéphane Bernard. Voici le nom des autres invités qui ont jusque-là répondu:

septembre 2014: Stéphane Bernard
novembre 2014: Thierry Roquet
février 2015: Cathy Garcia
avril 2015: Vince
juin 2015: Patrice Maltaverne
août 2015: Sébastien Ayreault
octobre 2015: Jan Bardeau

J'attends d'autres réponses, la série peut continuer.

Back to English.
Next June, will see the publishing of the D-Day 70th Anniversary Anthology. Over 100 pages of fiction and poetry offered by writers from the globe and illustrated with sketches and photograph from Russ Tobin, a soldier in the US Army from 1943 until 1946. A very nice book to come to commemorate both the D-Day landing and the 100th centenary of the beginning of WW1.

Saturday, 15 March 2014

La bascule des chevaux de Cédric Bernard

Illustration de couverture de Gilbert Penna
La bascule des chevaux
De Cédric Bernard

Couverture souple, 30 Pages

Aperçu
Prix : 8,02 €

Quatrième de couverture, signée Patrice Maltaverne:
Il y a de l’angoisse, beaucoup d’angoisse à ne pouvoir rien faire pour la personne que l’on aime et qui reste aux prises avec ses démons.
Et derrière ce mur infranchissable, le pire est qu’elle sait tenir tête à la respectabilité qui nous étouffe!

Blog de Cédric Bernard
http://lesmotsdesmarees.blogspot.fr


*****

Il y a bien longtemps qu'un auteur francophone n'avait proposé son texte pour une publication par mgv2>publishing. Méconnaissance des auteurs français de cette toute petite presse? Oubli des origines qui ne se trouvaient pas dans le monde anglophone? Peur du monde digital qui l'enveloppe?  Désintérêt? Je ne sais pas.

Ce dont je suis certain en tout cas, c'est que je ne suis pas peu fier de renouer avec l'édition d'un texte en français quand celui-ci est signé Cédric Bernard. Souvent publié dans la revue mgversion2>datura, c'est un habitué qui soutient à sa façon et comme il peut les efforts entrepris pour promouvoir la littérature contemporaine hors des sentiers battus.

Je suis tombé amoureux de ce texte et l'ai programmé très vite lorsque Cédric me l'a envoyé. N'oubliez pas que le traumatisme était déjà notre credo en 1996 et que, près de 18 ans plus tard, c'est toujours ce qui nous fait tenir debout -- la revue, les éditions et moi.

Ce livre est sans doute plus un réel départ qu'un aboutissement. Pour l'auteur bien sûr qui a pourtant déjà à son actif l'autoédition de deux livrets C'est le matin que l'on grandit (2013)  et Le cas Leleu (2014) et plusieurs publications en revues: FPDV, Vents alizés, Des tas de mots, et Traction Brabant bien entendu, puisque c'est Patrice Maltaverne, l'éditeur de cette dernière, qui signe l'introduction de ce recueil de textes courts, textes de prose poétique, dans lesquels l'absence de l'autre, pourtant omniprésent, ronge et met à mal celui qui, main tendue, ne peut que constater et décrire la déchéance. Une lueur luit peut-être au bout du tunnel. L'espoir fait vivre dit-on, mais le retour n'est jamais de tout repos. Extrait

j'ai eu des nouvelles de ton répondeur là pour le moment car tu n'étais pas là à l'effort à l'affront au front comme un moineau dans l'hiver qui gonfle ses plumes comme un morné qui gonfle son orgueil dans son simili-cuir ce même mouvement à rentrer dans ses plumes à rentrer dans les plumes à s'imperméabiliser trucher un peu sa minceur sa pauvreté vaincre d'effets l'effort l'affront le front allongé debout dans le carrosse aux roues en culs de bouteille roulant droit vers le fond qui amène te ramène quand tu roules sur le bord de la route tes chevaux écroulés sur le trottoir tes chevaux à brouter trottoir et toi poussière de rentrer dans les auberges sans passer le relais tu radotes je répète tu répètes je radote un peu être quitte sans se quitter creuser l'écart tellement raser l’écartèlement garder le rythme jusqu'à tourner rond tourner en rond jusque dans le mot exode arrondie épisode périodique saignement masculin interne continue continue on continue ce soir ami amibe ma tournée je relève les nouvelles en me demandant ce qu'il y aura dans les mâchoires ce qu'il y aura dans le piège

Sunday, 9 February 2014

Daniel Y. Harris & Friends -- Metamorphosis

Metamorphosis is now available to buy from lulu.com and to read on issuu.com and calameo.com

Daniel Y. Harris & Friends
mgv2>publishing 8th volume in the series X & Friends. Daniel Y. Harris & Friends, Metamorphosis. Edited by Walter Ruhlmann. Co-edited by Daniel Y. Harris. mgv2>publishing, February 2014. Daniel Y. Harris has been a long time contributor to the journal mgversion2>datura. It started in the mid 2000s with the special issues in English only. It is a great pleasure to have him in this series. His poetry has always been a great challenge to me -- and to others too probably. Edgy, refined, his words cannot leave you cold, but might pin you down for a while.

Monday, 13 January 2014

New Titles for 2014

Daniel Y Harris cover art by the author
In the X & Friends series, in February, Daniel Y. Harris & Friends -- Metamorphosis will be published and the last title of the series in April will be David Beckman & Friends. A pause then before the Fall.
In the stand-alone series, three books are scheduled: Le cheval à bascule by Cédric Bernard, a reprint of Alexandra Bougé's La peau and maybe a collection of stories by RD Armstrong.

As submissions pour in, there might be other books published too.
Keep connected!